Clovis et Clotilde : l’Amour franc

Pour une fois, je ne vais pas vous raconter de cochonneries, mais partager avec vous un savoir de très haute tenue sur Clovis et son épouse Clotilde. Nan, j’déconne. C’est une histoire édifiante comme on en fait peu, mais avec des noms trop rigolos, ça serait dommage de pas en profiter pour se moquer.

Clotilde est née en 475, c’est la fille du roi Burgonde Chilpéric. Selon la coutume germanique, celui-ci devait partager le pouvoir avec ses trois frères Gondebaud, Godomar et Godégisèle. Je vous laisse relire tranquillement et bien intégrer le nom du roi Burgonde Godegisèle. Voui, voui, on peut faire plein de blagues rigolotes avec. Cette espèce de saloperie de Gondebaud ne l’entend pas de cette oreille :
il est pas partageur et fait d’abord assassiner son frère Godomar. Puis, en 480, alors que Clotilde n’a que cinq ans, Gondebaud fait décapiter son père Chilpéric, jeter sa mère et ses frères dans le Rhône avec une pierre attachée autour du cou et il fait enfermer Chrone, la sœur de Clotilde, dans un couvent. Pourquoi il épargne Clotilde et la ramène à sa cour, personne ne le sait. Toujours est-il que la gamine a eu sacrément chaud aux fesses, mais elle s’en sort miraculeusement.

Clovis de forme

Clovis, de son côté, est marié à une certaine, accrochez-vous bien, Évochilde. Mais il la dégage vite fait bien fait. En effet, il veut neutraliser Gondebaud en épousant sa nièce Clotilde. Mais Gondebaud, pas fou, refuse. Qu’est-ce que vous voulez qu’il refile sa nièce à ce pedzouille de pouilleux de Franc,
hein ? Clovis envoie alors un émissaire, Aurélien, déguisé en mendiant, pour passer le message à Clotilde qu’il la kiffe. La gamine voit sans doute là l’occasion de se barrer de chez Gondebaud. Pas cons, Aurélien et Clotilde profitent de l’absence du roi pour faire croire qu’ils ont son accord et s’enfuient. Quand Gondebaud s’en aperçoit, il lance des gars à sa poursuite, mais comme qui dirait que la Clotilde, elle est sacrément motivée. Au lieu de voyager en charrette comme une dame du monde, hop ! elle saute sur un canasson et chevauche pendant cinq jours quasiment sans s’arrêter. Elle retrouve alors Clovis à Soissons, où ils se marient. Enfin, ils se marient à la mode de l’époque : ils concluent. Pas plus compliqué que ça, pas la peine de se faire chier à péter une pièce montée et des faire-part. Le lendemain, Clovis offre un cadeau à Clotilde, le Morgengabe, la preuve qu’elle était vierge, et voilà une affaire rondement menée. Trop romantique, quoi.

Clotilde a la rancune tenace

Maintenant que la Clotilde elle est reine, je peux vous dire qu’il y en a un qui a intérêt à planquer ses miches, c’est le Gondebaud. Elle demande à Clovis d’aller le dégommer, ce qu’il entreprend sans moufter en bon mari qui veut pas d’ennuis à la maison. Clovis s’associe avec Godegisèle, que, dans un moment d’aberration mentale, Gondebaud avait laissé en vie. Une fois Gondebaud canné, la Clotilde ne se considère pas encore vengée et demande à ses fils d’aller dégommer le fils de Gondebaud (ça va, vous suivez toujours ?) en leur sortant « Faites que je ne me repente pas de vous avoir nourri. » Quand même. Et pour finir, elle laisse ses fils égorger deux de ses petits-fils : elle les préfère morts plutôt qu’écartés du pouvoir.

Quand on pense qu’elle a été canonisée pour sa piété, ça fait réfléchir.

Caroline Huyghues

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