37°2 le matin : ils s’aiment, ça se termine mal

C’était mon film préféré dans les années 80. Amour fou + Philippe Djian + Beineix = truc de malade.
Trente ans plus tard, autant vous dire qu’il a pris un sacré coup sur la patate.

Betty aime Zorg et Zorg aime Betty. Ils passent leur temps à se trimballer à poil, à baiser et à manger du chili. Jusque là, tout va bien. Bon, d’accord, Betty a l’air un peu cintrée du bocal, puisque dès qu’elle a un pet de travers, elle jette tout par la fenêtre. Mais à cette étape-là, on va dire que c’est encore charmant. Betty découvre que Zorg est un écrivain et se met en tête de le faire publier. Zorg s’en fout un peu, mais comme il aime Betty, il laisse faire. Elle prend ça très très à cœur, à tel point qu’elle se met la rate au court-bouillon pour taper le manuscrit et l’envoyer à des éditeurs. Et quand l’un d’eux refuse vertement de publier, elle l’agresse avec un peigne. C’est mal. Je ne vous cacherais pas que cette idée m’a également tentée, mais faut pas taper sur les éditeurs, c’est pas bien.

L’amour ça rend fou

Quand Betty passe la main à travers une vitre, se met à hurler de manière un tout petit peu hystérique et file, telle une gazelle du désert, droit dans la pente, on se demande de quelle pathologie psychiatrique elle souffre. Serait-elle bipolaire ? Mais non mais non, Betty est atteinte de trouble de la personnalité borderline. Ce qui se caractérise par une impulsivité majeure et une instabilité marquée des émotions, des relations interpersonnelles et de l’image de soi. C’est Wikipédia qui le dit, hein. En tout cas, c’est Zorg qu’est bien embêté de se coltiner un numéro pareil. En même temps, je vais pas le plaindre : y’a quand même des gars qu’ont le don de tomber amoureux de vraies purges.

Et ça va pas en s’arrangeant

Quand Betty découvre qu’elle est enceinte, on se dit que ça craint du cul grave : vu comment elle est cintrée, on se demande comment ça va se passer pour le gamin. Et puis finalement c’est une fausse alerte, et elle le prend pas bien du tout. Elle se fait une coupe de cheveux et un maquillage façon The Cure pour marquer son désespoir. En 1985 c’était peut-être tendance au cinéma, mais là ça prête plutôt à pouffer (j’ai pouffé, j’avoue.) Ensuite, son état dégénère jusqu’à ce qu’elle s’énuclée. Comme ça, pour voir (enfin non justement, hahaha). C’est comme qui dirait assez extrême comme geste. Elle se retrouve donc à l’hôpital à nous fixer de son unique œil de merlan frit, je vous dis pas l’ambiance. Zorg réalise que ça va pas être possible, alors il se travestit pour aller nuitamment à l’hosto. Et, tout en étouffant Betty avec son oreiller, il déclare « Personne ne pourra jamais nous séparer mon amour. » Après ça, il rentre chez lui, se fait un petit chili et se remet à écrire.

Comme qui dirait que le concept de séparation doit être un peu flou dans on esprit, parce que 1 vivant + 1 morte = pas très ensemble quand même.

Caroline Huyghues

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